La chirurgie mammaire occupe une place centrale dans le traitement des affections du sein, qu’elles soient cancéreuses ou bénignes. Elle vise à retirer les lésions tout en préservant au maximum la qualité de vie et l’esthétique, grâce aux avancées techniques et à une prise en charge personnalisée.
Le cancer du sein est le cancer féminin le plus fréquent, touchant environ 1 femme sur 8 au cours de sa vie. Chaque année, de nombreux cas sont diagnostiqués, mais les progrès du dépistage et des traitements ont considérablement amélioré le pronostic. Le taux de survie à 5 ans atteint désormais près de 89 %.
La chirurgie vise à retirer la tumeur cancéreuse, à évaluer l’extension de la maladie et à préserver autant que possible la forme du sein. Le choix de l’intervention dépend du type, de la taille, de la localisation de la tumeur, ainsi que de l’état général de la patiente.
Chirurgie conservatrice (tumorectomie)
Elle consiste à enlever uniquement la tumeur avec une marge de tissu sain autour. Cette intervention est associée à une radiothérapie pour réduire le risque de récidive locale. Elle est possible dans environ 75 % des cas diagnostiqués précocement.
Mastectomie
Lorsque la conservation du sein n’est pas possible (tumeur volumineuse, multifocale, ou selon le souhait de la patiente), la mastectomie consiste en l’ablation totale du sein. Une reconstruction mammaire immédiate ou différée peut être proposée selon les cas.
L’évaluation des ganglions axillaires est primordiale pour le bilan d’extension du cancer.
Biopsie du ganglion sentinelle
Cette technique permet d’identifier le premier ganglion lymphatique recevant la lymphe de la tumeur. Si ce ganglion est sain, un curage axillaire complet est évité, limitant ainsi les complications.
Curage axillaire
Indiqué en cas d’envahissement ganglionnaire confirmé, il consiste en l’ablation des ganglions lymphatiques de l’aisselle.
Après la chirurgie, une prise en charge multidisciplinaire permet d’adapter les traitements complémentaires (radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie). La rééducation et le suivi psychologique sont également essentiels pour accompagner la patiente.
Bien que la chirurgie mammaire soit généralement bien tolérée, certaines complications peuvent survenir :
Douleurs et gênes locales, hématomes
Limitation temporaire de la mobilité de l’épaule
Lymphœdème du bras (gonflement) surtout après curage axillaire
Modifications sensitives au niveau du bras ou du sein
Complications cicatricielles
La prise en charge rapide de ces complications améliore la récupération.
Les seins peuvent également présenter des affections non cancéreuses qui nécessitent une évaluation et parfois un traitement chirurgical.
Les fibroadénomes sont des tumeurs bénignes fréquentes chez les femmes jeunes (20-30 ans). Ce sont des masses fermes, mobiles, bien délimitées et généralement indolores. Le diagnostic repose sur l’échographie et, si nécessaire, une biopsie.
Traitement : surveillance régulière ou ablation chirurgicale si volumineux, symptomatiques ou en cas de doute diagnostique.
Les kystes sont des cavités remplies de liquide, fréquents avant la ménopause. Ils peuvent être multiples et parfois douloureux, en particulier avant les règles.
Traitement : ponction simple pour soulager, suivi clinique et radiologique. La chirurgie est rarement nécessaire.
Cette condition associe plusieurs lésions bénignes (kystes, fibrose, adénose) et peut entraîner des douleurs mammaires cycliques. Elle est liée aux variations hormonales du cycle menstruel.
Prise en charge : médicale et symptomatique, parfois complétée par des conseils hygiéno-diététiques